L'échographie

Avoir une imagerie de l'utérus et du vagin

Cette page est informative est ne remplace en aucun cas l'avis, le conseil ou les recommandations d'un médecin spécialiste

Fun fact: L'échographie médicale est née grâce… aux sonars utilisés pendant la Seconde Guerre mondiale.

Les scientifiques ont découvert qu'il était possible d'utiliser les ultrasons pour "voir" à travers certains milieux grâce aux techniques développées pour détecter les sous-marins.

Après la guerre, des médecins ont adapté cette technologie pour explorer l'intérieur du corps humain.

À quoi sert une échographie gynécologique ?

Une échographie sert à observer les organes par une technique ultra son qui permet de créer une image pour le médecin, soit par l'extérieur, soit par l'intérieur. Les organes observés sont les suivants:

  • utérus :
    • taille
    • position
    • muqueuse utérine (endomètre)
    • fibromes éventuels
  • ovaires :
    • aspect
    • follicules
    • kystes éventuels
  • trompes (dans certaines situations)
  • pelvis :
    • recherche de liquide
    • anomalies éventuelles

Dans quelles situations peut-elle être proposée par exemple?

Les différents types d’échographies gynécologiques

L’échographie pelvienne abdominale

Cette échographie est réalisée avec une sonde sur le ventre, en extérieur du corps.

Un gel est appliqué sur l'abdomen et la sonde glisse sur la peau en fonction de l'endroit recherché par le médecin à observer. Il est souvent demandé à ce que la vessie soit pleine avant l'examen.

Avantages :

  • pas d’introduction vaginale
  • complètement indolore

Limites :

  • images parfois moins précises
  • dépend de la morphologie et du remplissage de la vessie

L’échographie endovaginale (ou transvaginale)

Une sonde fine, auparavant badigeonnée de gel échographique et protégée par une housse à usage unique, est introduite dans le vagin. Vous pouvez voir en même temps l'image, comme si une petite caméra était au bout de la sonde.

Cette solution est souvent privilégiée parce qu’elle permet :

  • une meilleure proximité avec l’utérus et les ovaires
  • des images plus détaillées
  • une meilleure analyse de certaines douleurs ou pathologies

Comment se déroule une échographie gynécologique ?

Avant l’examen, si la patiente est anxieuse ou inquiète, il est NECESSAIRE ET IMPORTANT, qu'elle pose des questions, signale ses craintes ou demande des explications.

Le professionnel doit alors expliquer pourquoi l’examen est proposé, comment il va se dérouler et ce qui sera fait avant tout geste

Pendant l’examen, le déroulement typique est le suivant :

  1. installation dans une salle adaptée
  2. retrait des vêtements nécessaires
  3. installation sur la table d’examen
  4. introduction éventuelle de la sonde
  5. observation des images
  6. retrait de la sonde

L'examen ne dure pas plus de quelques minutes.

Est-ce que l’échographie endovaginale fait mal ?

La majorité des personnes ne ressentent quasiment rien si ce n'est la sensation de froid due au gel mis sur la sonde, d'autres personnes peuvent ressentir:

  • une pression/ une gêne
  • une sensation de tiraillement
  • parfois une douleur

La douleur ne doit pas être ignorée.  Certains facteurs peuvent rendre l'examen douloureux:

Pour cette raison, il est essentiel de communiquer avec le médecin qui pourra s'adapter en fonction de vos inquiétudes. Un examen médical de qualité est un examen techniquement pertinent mais aussi humainement adapté

Consentement, intimité et respect du corps pendant une échographie gynécologique

Une échographie gynécologique ne doit jamais être subie

Le fait qu’un examen soit médicalement indiqué ne supprime pas le droit de la personne à décider de ce qui est fait à son corps

Toute personne a le droit, même lorsqu’un examen est médicalement pertinent :

  • d’accepter
  • de refuser
  • de demander des explications
  • de changer d’avis pendant l’examen

Le professionnel pourra/devra:

  • prendre davantage de temps
  • expliquer chaque geste
  • utiliser une sonde adaptée si possible
  • choisir une autre voie d’imagerie lorsque cela est pertinent

En cas de refus non négociable de votre part, le professionnel doit alors expliquer les conséquences possibles d’un refus.

Pudeur, convictions personnelles et dimension religieuse face à l’échographie endovaginale

L’échographie endovaginale est un examen médical courant, mais elle touche à une dimension particulièrement intime du corps. Au-delà de son aspect technique, elle peut être vécue différemment selon l’histoire personnelle de chaque individu, son rapport à la nudité, à la sexualité, à l’intimité corporelle ou encore selon ses références culturelles et religieuses.

Du point de vue médical, l’objectif d’un professionnel de santé est de proposer un examen adapté à la situation clinique tout en respectant la personne examinée. 

Du point de vue sociologique, les représentations du corps, de la pudeur et de l’intimité ne sont pas universelles. Elles se construisent à travers l’éducation, l’environnement familial, la culture et parfois les convictions religieuses. Dans certaines traditions ou pour certaines personnes croyantes, l’exposition du corps ou l’intervention médicale sur les organes génitaux peuvent soulever des questionnements particuliers, notamment concernant la pudeur, le genre du praticien ou le cadre dans lequel l’examen est réalisé.

Ces préoccupations ne doivent ni être minimisées ni interprétées comme un refus irrationnel de la médecine. Elles constituent un élément du vécu de la personne et peuvent être abordées dans un dialogue respectueux avec le professionnel de santé. Lorsque cela est médicalement possible, certaines adaptations peuvent être envisagées : prendre davantage de temps pour expliquer l’examen, choisir un praticien avec lequel la personne se sent davantage à l’aise, demander la présence d’un accompagnant selon les conditions du lieu de soin, ou discuter d’alternatives diagnostiques lorsque celles-ci sont pertinentes.

Cependant, le respect des convictions personnelles s’inscrit toujours dans un échange entre les préférences de la personne et les nécessités médicales. Le rôle du professionnel n’est pas de juger les croyances, mais de permettre un accès aux soins dans un cadre fondé sur la confiance, l’information et le respect mutuel.

Reconnaître une expérience vécue comme une violence gynécologique

Il existe différents signaux de violence obstétricale et gynécologique qui vous donnent le droit d'arrêter la consultation et de sortir (après avoir payé, vous risquez d'être en tort sinon).

  • « on ne vous explique rien »
  • gestes réalisés sans prévenir
  • pression après un refus
  • moqueries ou remarques culpabilisantes
  • minimisation de la douleur

À l’inverse, il est nécessaire que le professionnel de santé soit toujours d'accord pour:

  • expliquer
  • demander l’accord
  • respecter les pauses
  • écouter les ressentis

Que faire si un examen gynécologique se passe mal ?

Un examen gynécologique, comme une échographie endovaginale, un frottis ou un examen pelvien, peut parfois provoquer un malaise, une gêne ou un sentiment de perte de contrôle. Si vous vous sentez mal à l’aise, incomprise, forcée ou si un geste vous semble inapproprié, vous avez le droit de réagir. Votre corps vous appartient, y compris pendant un acte médical.

1. Demandez l’arrêt de l’examen si vous ne souhaitez plus continuer

Votre consentement est nécessaire pendant toute la durée de l’examen. Vous pouvez changer d’avis à tout moment, même si l’examen a déjà commencé.

Vous pouvez dire clairement :

« Je souhaite arrêter l’examen maintenant. »
« Je retire mon consentement, merci de retirer la sonde et d’arrêter le geste. »

Le professionnel de santé doit respecter votre demande et interrompre l’acte.

2. Demandez des explications si quelque chose vous semble anormal

Vous avez le droit de comprendre ce qui est fait sur votre corps. Vous pouvez demander :

  • « Pouvez-vous m’expliquer ce que vous êtes en train de faire ? »
  • « Est-ce nécessaire pour mon examen ? »
  • « Pourquoi ce geste est-il réalisé ? »

Un professionnel doit pouvoir justifier médicalement les gestes effectués et répondre à vos questions de manière claire.

3. Signalez immédiatement ce qui vous dérange

Si une parole, un geste ou une attitude vous met mal à l’aise, dites-le si vous vous sentez capable de le faire.

Par exemple :

« Ce commentaire me met mal à l’aise. »
« Je ne souhaite pas que vous me parliez de cette façon. »
« Je ne suis pas d’accord avec ce geste. »

Il n’est pas nécessaire d’attendre la fin de l’examen pour exprimer un désaccord.

4. Après l’examen, notez précisément ce qui s’est passé

Si vous estimez avoir vécu une situation inappropriée, écrivez rapidement les faits pendant que vos souvenirs sont précis :

  • date et heure du rendez-vous ;
  • identité du professionnel ;
  • type d’examen réalisé ;
  • paroles prononcées ;
  • gestes effectués ;
  • personnes présentes ;
  • votre ressenti et les conséquences éventuelles.

Ces éléments peuvent être utiles si vous souhaitez demander des explications ou engager une démarche.

5. Demandez vos documents médicaux

Vous pouvez demander une copie de votre dossier médical, du compte rendu d’examen et des informations relatives à votre prise en charge.

Conservez également :

  • les factures ;
  • les ordonnances ;
  • les échanges écrits ;
  • les courriers éventuels.

6. Cherchez un soutien extérieur

Vous n’êtes pas obligée de gérer seule une situation qui vous a choquée ou mise en difficulté.

Vous pouvez en parler :

  • à votre médecin traitant ;
  • à un autre professionnel de santé en qui vous avez confiance ;
  • à une association d’aide aux victimes ;
  • à l’instance professionnelle compétente si vous souhaitez signaler les faits.

7. Quels recours sont possibles ?

Selon la nature des faits, plusieurs démarches peuvent exister :

  • une demande d’explication auprès du professionnel ou de l’établissement ;
  • un signalement auprès de l’organisme professionnel concerné ;
  • une démarche auprès de la justice si vous estimez qu’une infraction a été commise.

La qualification juridique dépend toujours des circonstances précises : un examen inconfortable ou maladroit n’a pas la même portée qu’un geste réalisé sans consentement ou sans justification médicale.

VOIR LA SECTION VIOLENCES GYNECOLOGIQUES POUR PLUS D4INFORMATIONS A CE SUJET

Le conseil Libisanté

Un examen médical n’est jamais une situation où vous devez « supporter » quelque chose contre votre volonté. Vous avez le droit de poser des questions, de demander une pause, de refuser un geste ou d’arrêter un examen. Le respect de votre consentement fait partie intégrante des soins.

Prévenez toujours le médecin de vos appréhensions, de vos inquiétudes et de votre situation médicale. Ces avertissements doivent être entendus et respectés de la part du professionnel que vous avez en face de vous.

Sources

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