Les violences gynécologiques
Violence physique ou psychologique sur une femme pendant son suivi médical gynécologique
"Je me suis sentie humiliée, agressée ou violée pendant un examen gynécologique"
Cette page est informative est ne remplace en aucun cas l'avis, le conseil ou les recommandations d'un médecin spécialiste
Que sont les violences gynécologiques?
La gynécologie est définie par le Larousse comme la "Spécialité médicale consacrée à l'étude de l'organisme de la femme et de son appareil génital, du point de vue tant physiologique que pathologique". En résumé, cette spécialité a pour objet le diagnostic et le traitement des maladies de l’appareil génital et du sein, les potentiels suivis pour stérilité, la contraception et le traitement des troubles de la ménopause. C'est tout le suivi intime d'une femme au cours de sa vie.
Les violences gynécologiques sont les violences subies par la patiente à cause du corps médical durant ce suivi gynécologique, qu'il soit physique ou psychologique.
Quels sont les cas de violences gynécologiques?

La liste ci-dessous des violences gynécologiques est non exhaustive (source IRSAF et pour unemeuf.org) ,
vous être victime de violences si le/la soignant.e :
Examen clinique de routine:
- Jugement sur votre vie, votre corps, votre sexualité ou absence de sexualité
- Pose du spéculum sans consentement avec et/ou sans saignements
- Frottis sans consentement avec et/ou sans saignements
- Gestes ou paroles déplacés
- Refus de prescription
- Prescription imposée
- Toucher vaginal sans consentement avec et/ou sans saignements
- Palpation des seins sans consentement
- Pose de la sonde endovaginale sans consentement
- Examen vaginal sur mineure sans consentement
- Non respect de vos demandes
- S’il·elle tient des propos moqueurs, désagréables, dégradants ;
- S’il·elle vous infantilise, ne répond pas à vos questions
- Si les gestes sont douloureux et que cette douleur n’est pas prise en compte voire minimisée ou ridiculisée
Contraception:
- Refus de couper les fils après la pose d’un dispositif intra-utérin DIU
- Refus d’arrêter le geste douloureux pendant la pose d’un DIU
- S’il·elle vous empêche de choisir la contraception que vous souhaitez ;
- S’il·elle juge vos choix à propos de vos soins, de votre désir ou non de grossesse ;
- Ne respecte pas vos demandes
IVG:
- Refus d’accéder à une demande d’interruption volontaire de grossesse IVG
- Refus de prise en charge de la douleur suite à une IVG
- Fausse couche annoncée brutalement
- Suite de fausse couche non pris en charge (douleurs, explications…)
- S’il·elle juge vos choix à propos de vos soins, de votre désir ou non de grossesse ;
- Ne respecte pas vos demandes
- Refus de donner un rendez-vous
Que faire en cas de violence gynécologique?
Le premier élément important est de ne pas culpabiliser.
pourunemeuf.org propose différentes alternatives pour dénoncer cette violence:
- écrire à la personne dont vous avez été victime
- porter plainte auprès de l’Ordre des médecins (ici) ou des sages-femmes (ici)
- contacter la Commission des Usagers (CDU) si la consultation a eu lieu dans un établissement de santé (détails ici)
- porter plainte directement en commissariat ou gendarmerie, en ligne (https://www.pre-plainte-en-ligne.gouv.fr , pour des violences verbales ou discriminations uniquement) ou en écrivant au procureur de la république (https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/R11469)
Quelle est la différence entre une violence gynécologique et une maladresse du médecin ?
Un examen gynécologique peut être un moment particulièrement intime et vulnérable. Une patiente peut ressentir de la gêne, de la douleur ou un malaise face à une situation qui n'a pourtant pas forcément la même signification du point de vue médical ou juridique.
La différence repose principalement sur le respect du consentement, de la dignité et de l'intégrité de la personne, ainsi que sur le contexte dans lequel le geste ou la parole ont eu lieu.
Une maladresse médicale : un comportement inadapté sans intention de nuire
Une maladresse peut être une erreur relationnelle, un manque d'expérience ou une communication insuffisante, sans volonté de blesser ou de dominer la patiente.
Quelques exemples :
- Le professionnel réalise un geste inconfortable sans avoir suffisamment expliqué ce qu'il allait faire.
- Il utilise une formulation maladroite qui manque de tact.
- Il ne perçoit pas immédiatement que la patiente est anxieuse.
- Il minimise une douleur par manque d'écoute, sans chercher volontairement à l'ignorer.
- Il oublie une étape d'information, puis rectifie lorsqu'on lui signale le problème.
Dans ce cas, la situation peut nécessiter :
- une explication ;
- des excuses ;
- une amélioration de la prise en charge.
Une maladresse peut être blessante pour la patiente, même sans intention malveillante.
Une violence gynécologique : quand les droits fondamentaux de la patiente ne sont pas respectés
On parle de violence gynécologique lorsque des comportements, paroles ou gestes portent atteinte à la dignité, au consentement ou à l'intégrité de la patiente.
Cela peut notamment concerner :
Le non-respect du consentement
Exemples :
- réaliser ou poursuivre un geste malgré un refus exprimé ;
- ne pas demander l'accord avant un acte invasif ;
- considérer que l'examen est "obligatoire" alors qu'il ne l'est pas.
L'absence d'écoute ou la négation de la douleur
Exemples :
- répondre systématiquement qu'une douleur est "normale" sans rechercher sa cause ;
- refuser de ralentir ou d'adapter l'examen malgré une demande claire ;
- ridiculiser une inquiétude.
Des paroles humiliantes ou culpabilisantes
Exemples :
- remarques dévalorisantes sur le corps ;
- commentaires moralisateurs sur la sexualité, le poids, les choix de vie ou le nombre de partenaires ;
- infantilisation de la patiente.
Des gestes sans justification médicale ou à caractère déplacé
Exemples :
- effectuer un geste qui n'a pas de lien avec l'examen prévu ;
- avoir un comportement sexualisé ou ambigu pendant un acte médical ;
- profiter de la position de vulnérabilité de la patiente.
Le critère essentiel : l'intention ne suffit pas à tout expliquer
Une idée reçue est qu'une violence nécessiterait forcément une volonté de faire du mal.
En réalité, en santé, ce qui compte aussi est :
- ce qui a été fait ;
- si la patiente avait donné son accord ;
- si le geste était médicalement justifié ;
- si elle a été respectée lorsqu'elle a exprimé un refus ou une douleur.
Un professionnel peut être bien intentionné et commettre une erreur. À l'inverse, un geste ou un comportement peut constituer une violence même si l'auteur affirme "ne pas avoir voulu mal faire".
Comment savoir si ce que j'ai vécu est une violence ?
Il peut être utile de se poser quelques questions :
✅ Est-ce que j'ai été informée de ce qui allait être fait ?
✅ Est-ce que j'ai pu poser des questions ?
✅ Est-ce que j'ai donné mon accord avant le geste ?
✅ Est-ce que mon refus ou ma douleur ont été entendus ?
✅ Est-ce que je me suis sentie respectée pendant l'examen ?
✅ Le geste ou la parole avaient-ils une justification médicale ?
Si plusieurs réponses sont négatives, il peut être utile d'en parler à un autre professionnel ou de demander conseil auprès d'une structure d'accompagnement.
