Le trouble de l'excitation sexuelle/
trouble de l'intérêt sexuel
Découvrez les causes, symptômes et traitements des troubles de l’excitation sexuelle chez l’homme et la femme.
Cette page est informative est ne remplace en aucun cas l'avis, le conseil ou les recommandations d'un médecin spécialiste

Qu’est-ce que le trouble de l'excitation sexuelle ?
Un trouble de l'excitation sexuelle se manifeste par une incapacité persistante ou répétée à atteindre ou à maintenir une excitation sexuelle adéquate, entraînant une souffrance personnelle ou des difficultés interpersonnelles.
L'excitation sexuelle se compose de deux dimensions :
- Excitation subjective : ressentie mentalement, en réponse à des stimuli érotiques.
- Excitation génitale : manifestation physique, comme la lubrification vaginale ou l'engorgement des organes génitaux.
Un trouble affecte donc ces dimensions et se manifester sous plusieurs formes :
- Trouble subjectif : absence de ressenti d'excitation mentale, malgré une réponse génitale normale.
- Trouble génital objectif : présence d'excitation mentale, mais absence de réponse physique adéquate.
- Trouble combiné : absence ou insuffisance de l'excitation mentale et physique.
- Cas particulier rare: le syndrome d'excitation génitale persistante (SEGP): excitation génitale persistante et non désirée, sans stimulation sexuelle. Les symptômes incluent des sensations d'excitation intrusives, souvent accompagnées de douleurs ou de malaises.
Les troubles de l'excitation sexuelle peuvent toucher aussi bien les hommes que les femmes, bien que les manifestations et les causes puissent différer. Chez les femmes, ces troubles sont souvent sous-diagnostiqués en raison de la complexité des symptômes et de la gêne associée.
Symptômes et diagnostic : Comment reconnaître un trouble de l’excitation

Le diagnostic d'un trouble de l'excitation sexuelle repose avant tout sur un entretien clinique approfondi réalisé par un professionnel de santé (médecin généraliste, gynécologue, urologue, endocrinologue, psychiatre, psychologue ou sexologue formé à la santé sexuelle). Il n'existe pas de prise de sang, d'imagerie ou de test unique permettant de confirmer ce type de trouble. Le diagnostic est établi à partir des symptômes rapportés par la personne, de leur retentissement sur sa qualité de vie et de la recherche d'éventuelles causes médicales, psychologiques ou relationnelles.
Une approche différente chez la femme et chez l'homme
Chez la femme, le DSM-5-TR (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, 5e édition, texte révisé) regroupe le désir et l'excitation sexuelle au sein d'un même diagnostic appelé trouble de l'intérêt pour l'activité sexuelle/de l'excitation sexuelle chez la femme (Female Sexual Interest/Arousal Disorder – FSIAD).
Le professionnel évalue notamment une diminution ou une absence persistante
- de l'intérêt pour la sexualité
- des pensées ou fantasmes érotiques
- de l'initiative sexuelle
- de la réceptivité aux sollicitations du ou de la partenaire
- du plaisir ressenti pendant l'activité sexuelle
- des sensations génitales et non génitales associées à l'excitation.
Chez l'homme, le DSM-5-TR ne reconnaît pas de diagnostic spécifique de « trouble de l'excitation sexuelle ». Lorsqu'un homme consulte pour une difficulté d'excitation, le professionnel cherche à déterminer si celle-ci correspond à un trouble de l'érection, à un trouble du désir sexuel hypoactif masculin (manque d'intérêt chronique ou persistant pour l'activité sexuelle), ou si elle est secondaire à une autre affection médicale, psychologique ou relationnelle. L'évaluation porte notamment sur
- la capacité à obtenir et à maintenir une érection suffisante pour une activité sexuelle satisfaisante
- sur la qualité du désir sexuel
- le vécu de la difficulté.
L'évaluation des symptômes
L'entretien clinique explore en premier lieu les signes subjectifs, c'est-à-dire le ressenti de la personne. Le professionnel s'intéresse au niveau de désir sexuel, à la présence de pensées ou de fantasmes érotiques, à la motivation pour les activités sexuelles, au sentiment d'excitation mentale ainsi qu'au plaisir ressenti pendant les rapports ou les stimulations.
Les manifestations physiques sont également abordées, mais elles sont essentiellement évaluées à partir des informations fournies par le patient ou la patiente.
Chez la femme, il peut s'agir
- d'une lubrification jugée insuffisante
- d'une diminution des sensations génitales
- d'une impression de moindre réponse à la stimulation.
Chez l'homme, l'entretien porte principalement sur la qualité des érections, leur rigidité, leur maintien et leur caractère suffisant pour permettre une activité sexuelle satisfaisante. Il est important de souligner que la réponse physique et le ressenti psychologique ne sont pas toujours synchronisés : une personne peut présenter des réactions physiologiques sans éprouver de sensation d'excitation, tandis qu'une excitation mentale peut exister malgré une réponse génitale limitée.
Les critères diagnostiques du DSM-5-TR
Pour qu'un diagnostic puisse être posé selon les critères du DSM-5-TR, les symptômes doivent être
- persistants,
- présents depuis environ six mois,
- survenir dans la majorité des situations sexuelles concernées (environ 75 à 100 %) et
- être responsables d'une souffrance cliniquement significative ou d'un retentissement important sur la qualité de vie ou la relation de couple.
Les difficultés observées ne doivent pas être mieux expliquées par une autre maladie, un autre trouble psychiatrique, les effets d'un médicament ou d'une substance, ni exclusivement par un contexte de stress majeur ou des difficultés relationnelles sévères.
Enfin, si les critères diagnostiques sont identiques pour toutes les personnes, la manière de vivre et d'exprimer les difficultés sexuelles peut varier. Les recherches montrent que les normes sociales, les représentations de la sexualité et le sentiment de gêne ou de culpabilité peuvent influencer le moment où une personne consulte et la façon dont elle décrit ses symptômes.
Le rôle du professionnel est donc de créer un espace d'écoute bienveillant, confidentiel et sans jugement, afin de recueillir une histoire sexuelle la plus complète possible et d'établir un diagnostic fiable.
Causes possibles du trouble de l'excitation sexuelle : Pourquoi cela arrive-t-il ?
Les difficultés d'excitation sexuelle sont souvent multifactorielles, résultant de l'association de plusieurs facteurs.
Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque de développer un trouble de l'excitation sexuelle :
- Âge : les femmes ménopausées sont plus susceptibles de présenter des troubles de l'excitation génitale.
- Santé mentale : la dépression, l'anxiété, anxiété de performance, image altérée de son propre corps ou le stress peuvent affecter l'excitation sexuelle.
- Médicaments : certains traitements, comme les antidépresseurs, peuvent avoir des effets secondaires impactant l'excitation.
- Variations hormonales: ménopause, contraception, atrophies vulvaires, post-partum, grossesse, pendant le cycle menstruel
- Problèmes relationnels : une mauvaise communication ou des conflits avec le partenaire peuvent jouer un rôle.
- les facteurs physiques: la fatigue, les dyspareunies
- Expériences sexuelles non gratifiantes: traumatismes sexuels ou mauvaises expériences, stimulation inadéquate
- Consommation excessive d'alcool/drogue
- Des maladies: le diabète, la sclérose en plaque
- la culture, les croyances et l'éducation sexuelle
Si l'histoire clinique le justifie, des examens complémentaires peuvent être prescrits afin de rechercher une cause médicale sous-jacente. Il peut s'agir, par exemple, d'un bilan glycémique, d'un bilan lipidique ou, chez certains hommes présentant des signes évocateurs d'hypogonadisme, d'un dosage de la testostérone matinale. D'autres examens hormonaux ou biologiques peuvent être réalisés en fonction du contexte clinique. En revanche, ces examens ne sont pas systématiques et ne remplacent jamais l'entretien clinique.
Comment retrouver l’excitation sexuelle?

La prise en charge d'un trouble de l'excitation sexuelle dépend avant tout de sa cause. Il n'existe pas de traitement universel : une difficulté liée à un déséquilibre hormonal, à une maladie chronique, à un traitement médicamenteux, à une anxiété de performance ou à des difficultés relationnelles ne sera pas prise en charge de la même manière. C'est pourquoi les recommandations médicales actuelles privilégient une approche personnalisée et globale, prenant en compte les dimensions physiques, psychologiques et relationnelles de la sexualité.
Adopter une meilleure hygiène de vie
Une bonne santé générale contribue au bon fonctionnement de la sexualité. Les professionnels de santé recommandent de maintenir un sommeil de qualité, une alimentation équilibrée et une activité physique régulière, qui participent au bien-être physique et psychologique ainsi qu'à la santé cardiovasculaire, essentielle notamment pour la fonction érectile.
Il est également conseillé de limiter la consommation excessive d'alcool, d'arrêter le tabac et de réduire l'usage d'autres substances susceptibles d'altérer la réponse sexuelle. Lorsque le stress ou l'anxiété jouent un rôle important, leur prise en charge fait partie intégrante du traitement.
Les thérapies psychologiques et sexologiques
Lorsque les difficultés d'excitation sont influencées par des facteurs émotionnels, relationnels ou psychologiques, une sexothérapie réalisée par un professionnel formé peut être proposée. Selon les besoins, elle peut être complétée par une thérapie cognitivo-comportementale (TCC), particulièrement utile en cas d'anxiété de performance, de croyances négatives ou d'évitement de la sexualité.
Une thérapie de couple peut également être indiquée lorsque les difficultés affectent la relation ou la communication entre partenaires.
Certaines approches fondées sur la pleine conscience (mindfulness) ont montré un intérêt chez certaines personnes, notamment pour améliorer l'attention portée aux sensations corporelles et diminuer les pensées parasites susceptibles de perturber l'excitation sexuelle.
Les traitements médicaux
Lorsqu'une cause médicale est identifiée, son traitement constitue une étape essentielle de la prise en charge. Cela peut impliquer le meilleur équilibre d'une maladie chronique, la correction d'un trouble hormonal lorsqu'il est confirmé ou encore la réévaluation d'un médicament susceptible d'altérer la fonction sexuelle, en concertation avec le professionnel de santé qui l'a prescrit.
Chez certaines femmes ménopausées présentant des symptômes génito-urinaires liés à la baisse des œstrogènes, un traitement hormonal local, lorsqu'il n'est pas contre-indiqué, peut contribuer à améliorer la lubrification, le confort et les douleurs pendant les rapports. Toute hormonothérapie doit toutefois être prescrite après une évaluation médicale individuelle.
Des solutions complémentaires pour améliorer le confort sexuel
Certaines mesures peuvent compléter la prise en charge lorsqu'elles sont adaptées à la situation de la personne. Les exercices de renforcement du plancher pelvien, réalisés seuls ou avec l'aide d'un professionnel, peuvent être proposés dans certaines situations afin d'améliorer la fonction sexuelle et la perception des sensations.
L'utilisation de lubrifiants ou d'autres dispositifs destinés à améliorer le confort pendant les rapports peut également être recommandée, notamment en cas de sécheresse vaginale.
Le professionnel peut enfin accompagner la personne ou le couple dans l'identification de modes de stimulation mieux adaptés à leurs préférences, sans jugement et dans le respect de leur intimité.
Prendre en compte l'impact émotionnel et relationnel
Les troubles de l'excitation sexuelle ne se limitent pas à leurs manifestations physiques. Ils peuvent entraîner un sentiment de honte, de culpabilité, de frustration ou une diminution de l'estime de soi, avec des répercussions importantes sur la qualité de vie.
Ils peuvent également affecter la communication, la complicité et l'intimité au sein du couple. Les recommandations en santé sexuelle soulignent l'importance d'encourager un dialogue ouvert et bienveillant entre partenaires afin d'exprimer ses ressentis, ses attentes et ses difficultés sans crainte d'être jugé. Lorsque cette communication est difficile ou que les difficultés persistent, un accompagnement par un professionnel de santé ou un thérapeute de couple peut favoriser une meilleure compréhension de la situation et contribuer à restaurer une vie sexuelle satisfaisante.
Quelle différence entre perte de libido et trouble de l'excitation?
la classification médicale n'est pas la même chez la femme et chez l'homme concernant les troubles de l'excitation.
Chez la femme : la distinction est moins nette
Les connaissances scientifiques ont montré que, chez de nombreuses femmes, le désir (libido) et l'excitation sont étroitement liés et ne surviennent pas toujours dans un ordre linéaire. Une femme peut, par exemple, ne pas ressentir de désir spontané avant un rapport, mais développer progressivement une excitation et du plaisir au cours des stimulations. À l'inverse, elle peut avoir envie d'une intimité avec son partenaire sans ressentir une réponse physique ou mentale suffisante.
C'est pour cette raison que le DSM-5-TR ne distingue plus ces deux troubles chez la femme. Il les regroupe sous un seul diagnostic : le trouble de l'intérêt pour l'activité sexuelle/de l'excitation sexuelle chez la femme (Female Sexual Interest/Arousal Disorder – FSIAD).
En pratique, le professionnel évalue plusieurs dimensions simultanément :
- la fréquence des pensées ou fantasmes sexuels ;
- l'intérêt pour les activités sexuelles ;
- l'initiative ou la réceptivité aux sollicitations sexuelles ;
- l'excitation mentale pendant les rapports ;
- le plaisir ressenti ;
- les sensations génitales (par exemple la lubrification ou la sensibilité).
L'objectif n'est donc pas de déterminer si le problème relève uniquement du désir ou uniquement de l'excitation, mais d'apprécier l'ensemble de la réponse sexuelle.
Chez l'homme : deux troubles bien distincts
Chez l'homme, le désir sexuel (libido) et l'excitation sexuelle correspondent à des mécanismes différents et peuvent être atteints indépendamment.
La perte de libido correspond à une diminution du désir sexuel. L'homme ressent moins d'envie d'avoir des rapports, pense moins souvent à la sexualité et éprouve moins d'intérêt pour les activités sexuelles. Il peut ne plus rechercher l'intimité sexuelle, même si ses capacités érectiles sont conservées lorsqu'une stimulation survient.
Les causes peuvent être hormonales, psychologiques, relationnelles ou médicamenteuses.
À l'inverse, un homme peut avoir un désir sexuel intact, être attiré par son partenaire et avoir envie d'un rapport, mais rencontrer des difficultés à obtenir ou à maintenir une érection suffisante. Dans ce cas, le problème concerne la réponse physique de l'organisme et correspond au trouble de l'érection.
Autrement dit, l'envie est présente, mais le corps ne répond pas comme attendu.
Les deux peuvent être associés
Chez la femme comme chez l'homme, le désir et l'excitation ne sont pas totalement indépendants.
Par exemple :
- une baisse durable de la libido peut conduire à une diminution de l'excitation sexuelle ;
- à l'inverse, des difficultés répétées d'excitation ou d'érection peuvent entraîner progressivement une baisse du désir par anticipation de l'échec, de la frustration ou de l'anxiété.
C'est pourquoi le professionnel de santé explore toujours les deux dimensions au cours de l'entretien clinique.
Le terme « trouble de l'excitation » est souvent utilisé dans le langage courant pour désigner toute difficulté à être excité sexuellement. D'un point de vue médical, cette appellation est toutefois plus adaptée à la femme, puisqu'elle fait partie du diagnostic officiel de FSIAD. Chez l'homme, les recommandations internationales privilégient des diagnostics plus précis, comme le trouble du désir sexuel hypoactif masculin ou le trouble de l'érection, selon le mécanisme en cause.
Les principales différences en un coup d'œil:

Sources
Troubles de l’excitation sexuelle : comment les reconnaître et que faire ? - https://consultations-liege.be/
Sexual Health Conditions in ICD-11: Classification and Implications - Socio.Health
Dysfonction sexuelle : évaluation et principes de prise en charge - www.univadis.fr
SMSNA - Trouble du désir sexuel hypoactif (HSDD)
Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, Fifth Edition, Text Revision (DSM-5-TR). American Psychiatric Association Publishing, 2022.
