Comprendre les Violences Conjugales : Définitions et Aide

Violences conjugales : reconnaître les signes, comprendre et agir

Les violences conjugales ne se limitent pas aux coups. Découvrez les signes de violence psychologique, physique, sexuelle ou économique, les mécanismes d'emprise et les solutions pour obtenir de l'aide.

Cette page est informative est ne remplace en aucun cas l'avis, le conseil ou les recommandations d'un médecin spécialiste

Les violences conjugales ne se résument pas aux coups. Elles regroupent l'ensemble des violences physiques, psychologiques, sexuelles, économiques ou administratives exercées par un partenaire ou un ancien partenaire dans le but d'exercer un contrôle, une domination ou une emprise. Elles concernent tous les milieux sociaux, tous les âges, toutes les orientations sexuelles et peuvent toucher aussi bien les femmes que les hommes, même si les femmes en sont très majoritairement victimes des formes les plus graves.

Reconnaître les premiers signes permet parfois d'éviter que la violence ne s'installe durablement.

Les violences conjugales: définition et statistiques

Définition en droit français

En droit français, il n'existe pas une définition unique inscrite dans un seul article du Code pénal. Les violences conjugales correspondent à l'ensemble des infractions commises par un conjoint, un partenaire de PACS, un concubin ou un ancien partenaire lorsque les violences sont exercées dans le cadre de la relation.

Le Code pénal sanctionne notamment :

  • les violences volontaires (articles 222-7 et suivants),
  • les violences psychologiques,
  • les violences sexuelles,
  • le harcèlement moral au sein du couple,
  • les menaces,
  • les atteintes à la liberté,
  • les violences économiques lorsqu'elles s'accompagnent d'autres infractions (abus de faiblesse, extorsion, etc.).

La circonstance que les faits soient commis par le conjoint ou l'ancien conjoint constitue généralement une circonstance aggravante, entraînant des peines plus lourdes.

La loi française reconnaît également la notion d'emprise, qui explique pourquoi il est souvent extrêmement difficile pour une victime de quitter son agresseur.

Les statistiques sur les violences conjugales en France et dans le monde

EN FRANCE

Les chiffres publiés par le ministère de l'Intérieur, le ministère chargé de l'Égalité entre les femmes et les hommes et les organismes de santé montrent que le phénomène reste massif.

Chaque année :

  • plus de 270 000 victimes de violences commises par leur partenaire ou ex-partenaire sont enregistrées par les forces de sécurité ;
  • environ 85 % des victimes recensées sont des femmes ;
  • plus de 120 femmes sont tuées chaque année par leur conjoint ou ex-conjoint ;
  • plusieurs dizaines d'hommes décèdent également dans un contexte de violences conjugales ;
  • de nombreuses victimes ne portent jamais plainte.

Les spécialistes estiment que les violences déclarées ne représentent qu'une partie de la réalité.

DANS LE MONDE

Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) :

  • près de 1 femme sur 3 dans le monde a subi au cours de sa vie des violences physiques et/ou sexuelles, le plus souvent de la part d'un partenaire intime ;
  • les violences conjugales représentent l'une des principales causes de traumatismes, de troubles psychologiques et de décès évitables chez les femmes.

Ces violences ont également des conséquences importantes sur les enfants exposés, même lorsqu'ils ne sont pas directement victimes.

Les différents types de violence conjugales

Contrairement aux idées reçues, les violences conjugales ne sont pas uniquement physiques.

Les violences psychologiques

Elles sont souvent les premières à apparaître.

Elles comprennent notamment :

  • humiliations répétées ;
  • insultes ;
  • critiques permanentes ;
  • chantage affectif ;
  • culpabilisation ;
  • manipulation ;
  • menaces ;
  • isolement de la famille ou des amis ;
  • contrôle permanent.

Ces violences peuvent progressivement détruire l'estime de soi et favoriser l'installation d'une relation d'emprise.

Les violences verbales

Les insultes, cris, moqueries ou dévalorisations répétées peuvent provoquer une souffrance psychologique importante, même en l'absence de violence physique.

Les violences physiques

Elles regroupent :

  • gifles ;
  • coups ;
  • étranglements ;
  • brûlures ;
  • morsures ;
  • séquestration ;
  • utilisation d'armes ;
  • privation de soins ou de nourriture.

Toute violence physique constitue une infraction pénale.

Les violences sexuelles

Le consentement reste obligatoire, même au sein du couple.

Les violences sexuelles comprennent notamment :

  • rapports sexuels imposés ;
  • viol conjugal ;
  • pratiques sexuelles forcées ;
  • refus du droit à la contraception ;
  • pressions sexuelles ;
  • humiliation sexuelle.

Le viol entre époux est reconnu comme un crime en droit français.

Les violences économiques

Le partenaire violent peut également exercer un contrôle financier en :

  • interdisant de travailler ;
  • confisquant les revenus ;
  • obligeant à justifier chaque dépense ;
  • accumulant volontairement des dettes au nom de la victime ;
  • empêchant l'accès aux comptes bancaires.

Cette dépendance économique complique souvent le départ du domicile.

Les violences administratives et technologiques

Certaines violences passent aujourd'hui par :

  • la confiscation des papiers d'identité ;
  • le contrôle du téléphone ;
  • la surveillance des réseaux sociaux ;
  • le pistage GPS ;
  • la consultation des messages privés ;
  • l'usurpation de mots de passe ;
  • la diffusion d'images intimes.

Les signes qui doivent alerter

Les violences s'installent rarement brutalement.

Parmi les signes précoces :

  • jalousie excessive ;
  • besoin de tout contrôler ;
  • isolement progressif des proches ;
  • critiques constantes ;
  • alternance entre violence et excuses ;
  • surveillance permanente ;
  • contrôle des vêtements ;
  • contrôle des déplacements ;
  • refus du droit à l'intimité ;
  • peur de contrarier son partenaire ;
  • sentiment de devoir constamment "marcher sur des œufs".

La violence évolue souvent selon un cycle :

  1. montée des tensions ;
  2. explosion de violence ;
  3. excuses ou promesses ;
  4. période d'accalmie ("lune de miel") ;
  5. reprise progressive des tensions.

Avec le temps, les épisodes violents ont tendance à devenir plus fréquents et plus graves.

Le Violentomètre : un outil simple pour évaluer sa relation

Le Violentomètre est un outil de prévention créé par plusieurs organismes français. Il permet d'évaluer rapidement si une relation est :

  • saine (zone verte) ;
  • préoccupante (zone orange) ;
  • dangereuse (zone rouge).

Il repose sur des situations concrètes du quotidien et aide à repérer des comportements parfois banalisés, comme la jalousie excessive, le contrôle permanent ou les humiliations.

Vous trouverez ci-dessous le violentomètre en français, anglais, espagnol, chinois (mandarin), arabe et tamoul.

Quitter son conjoint et se réfugier

Quitter un conjoint violent nécessite souvent une préparation afin d'assurer sa sécurité.

Selon la situation, il est possible de se tourner vers :

  • les proches de confiance ;
  • les associations spécialisées ;
  • les centres d'hébergement d'urgence ;
  • les Centres d'Information sur les Droits des Femmes et des Familles (CIDFF) ;
  • les services sociaux ;
  • les maisons des femmes lorsqu'elles existent localement ;
  • les services hospitaliers.

En cas de danger immédiat, il est recommandé de quitter les lieux dès que cela est possible sans se mettre davantage en danger.

Que faire en cas de danger ?

En cas de menace immédiate :

  • appeler le 17 (Police ou Gendarmerie) ;
  • appeler le 112 depuis un téléphone mobile en Europe ;
  • envoyer un SMS au 114 si parler est impossible (service accessible également aux personnes sourdes ou malentendantes) ;
  • se rendre dans un commissariat, une gendarmerie, un service d'urgences ou une pharmacie participant aux dispositifs d'alerte lorsque cela est disponible.

Il est également conseillé, lorsque cela est possible et sans prendre de risque supplémentaire :

  • de conserver les preuves (photos des blessures, certificats médicaux, messages, courriels, témoignages) ;
  • de consulter rapidement un médecin afin que les lésions soient constatées ;
  • de déposer plainte ou de signaler les faits.

Sources

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