La masturbation des femmes :
L'auto-jouissance féminine:
Bienfaits, plaisir et santé intime
Cette page a un but informatif. Protégez-vous, respectez les choix de chacun. Toute relation sexuelle doit être librement consentie et fondée sur le respect mutuel
Qu'est ce que la masturbation féminine?
Le CNRTL définit la masturbation comme la "Pratique sexuelle solitaire consistant en attouchements des organes génitaux pour se procurer du plaisir, l'orgasme" et aussi comme "Pratique sexuelle consistant en attouchements des organes génitaux pour procurer à un partenaire du plaisir, l'orgasme." La masturbation féminine est la stimulation de la zone génitale incluant la vulve, le clitoris et le vagin soit par la femme sur elle-même soit par son/sa partenaire afin d'avoir du plaisir et/ou d'atteindre l'orgasme.
Selon une étude Statista (Statista Research Department, 27 nov. 2024), en mars 2022, 80 % des hommes français âgés de 18 à 34 ans et 64 % des femmes françaises du même âge ont déclaré pratiquer et apprécier la masturbation.
Mais contrairement à la masturbation masculine, le fait que les femmes se touchent elles-mêmes est souvent un tabou.

Pourquoi les femmes se masturbent-elles?
La masturbation commence en général à l'âge de la puberté lorsque les hormones sexuelles se mettent en route. Il est cependant possible que des enfants en bas âge (4-5 ans) puissent se masturber puisque c'est l'âge auquel il y a une exploration et une conscientisation du "je", qui passe aussi par l'exploration physique. L'enfant détermine qu'un geste donne un sentiment de plaisir. Il faut lui indiquer que ça ne peut pas se faire en public.
L'acte sexuel est quelque chose de naturel, et la nature, comme pour toutes les espèces, nous incite à avoir de l'attrait pour la sexualité afin d'amener à la reproduction. Il y a donc normalement, lors de tout acte sexuel, la sécrétion d'hormones du plaisir comme la dopamine ou l'ocytocine pour inciter à l'acte. On peut le voir comme une pulsion biologique.
La sécrétion de ces hormones, et l'orgasme qui peut suivre va expliquer de nombreuses raisons pour lesquelles une femme va se masturber:
- c'est un bon anti-stress
- c'est relaxant et aide à dormir
- pour combler le manque de sexe
- pour soulager les douleurs menstruelles
- pour s'explorer et comprendre son propre corps et ses sources de plaisir
- pour explorer ses réactions et sensations autrement que par le rapport sexuel
- c'est un passe-temps quand on s'ennuie
On peut donc considérer comme tout à fait normal qu'une femme se masturbe même si elle est en couple.
Anatomie et zones de plaisir
Les zones de plaisir sont fortement liées au zones qui à terme peuvent provoquer un orgasme. Comprendre son anatomie, c'est comprendre ce qui peut déclencher le plaisir.
Quelques comptes instagram pour se renseigner:
INSTAGRAM FRANCOPHONE:
- @jouissanceclub
- @jemenbatsleclito
- @orgasme_et_moi
- @tasjoui
- @wicul
INSTAGRAM NON FRANCOPHONE:
- @venuslibido
- @sexpositive_families
Techniques de masturbation féminine
Pour beaucoup de femmes, la première façon de découvrir le plaisir c’est la stimulation manuelle des zones érogènes, surtout du clitoris et des petites lèvres. Une étude menée auprès de 425 femmes allemandes a montré que 94,5 % d’entre elles avaient pratiqué la masturbation au moins une fois dans leur vie, et que la majorité stimulaient jusqu’à l’orgasme en utilisant une stimulation génitale directe.
Techniques manuelles
Si tu n’as jamais essayé, voici comment procéder : commence dans un endroit calme, où tu ne seras pas dérangée, avec une atmosphère relaxante, et tu as déjà un support qui a pu t'exciter: livres, film, images (il existe bien d'autres choses que des films porno..)...
Utilise les doigts — tu peux varier la pression, la vitesse, changer de doigts ou caresser d’abord autour du clitoris pour savoir ce que tu préfères (léger, ferme, pulsé, continu). Répète ceci, explore : la peau autour du clitoris, la capuche, les lèvres, la zone périnéale peut aussi être sensible. Laisse du temps : ce n’est pas pour “réussir un orgasme” immédiatement, mais pour apprendre ce que tu aimes.
La sensibilité de chaque femme est différente, mais certains mouvements communs peuvent apporter du plaisir. Vous pouvez tout à fait alterner les mouvements si vous sentez qu'il fait un peu moins d'effet. Tous les mouvements sont à faire avec la partie charnue des doigts puisque c'est une zone très sensible, et sur une zone déjà lubrifiée bien sûr.
- Sur le clitoris, faire des mouvements de gauche à droite avec 2 doigts collées avec petite ou grande amplitude
- Sur le clitoris, faire des cercles avec un doigt, soient petits et rapides, soit plus larges
- Tapoter le clitoris avec la pulpe du doigt, avec variations de rythme ou d'intensité en fonction du plaisir obtenu
- Pincer légèrement le clitoris avec le bout des doigts (sans les ongles bien sûr) et le bouger de gauche à droite
ASTUCE: les mouvements lents dans un premier temps permettent de beaucoup mieux ressentir
Utilisation d’oreillers, jets d’eau, accessoires hors sextoys

Si tu veux sortir un peu du cadre “seulement tes mains”, des accessoires du quotidien peuvent offrir de nouvelles sensations, souvent sans coût élevé. Par exemple :
- les oreillers,
- draps,
- serviettes,
- jets d’eau (une douche, un pommeau réglable),
- linge doux ou cuirs/textiles différents
- parfois des vêtements ajustés ou satinés.
Ce sont des objets qui peuvent exercer une pression, une friction ou des vibrations naturelles selon leur texture ou la manière dont tu les utilises.
Ces méthodes peuvent être utiles pour découvrir ce qui te stimule : chaleur, pression, frottement, variation de texture. Par exemple, la chaleur ou le frottement avec un oreiller peut reproduire une sensation douce, tandis qu’un jet d’eau ou la vibration de l’eau peut générer des stimulations plus diffuses.
Important : veille à ce que ce soit propre, non irritant, respectueux de ta peau. Utiliser un lubrifiant neutre si nécessaire pour éviter les frottements trop dérangeants.
Nouvelles tendances d'auto-jouissance féminine
(ex. gooning, edging, mindfulness)
Ces dernières années apparaissent des manières plus conscientes ou prolongées de vivre la masturbation, qui peuvent aider à découvrir de nouveaux plaisirs.
Edging : c’est la pratique de se stimuler jusqu’à un point proche de l’orgasme, puis de ralentir ou s’arrêter pour faire durer l’excitation. Cela peut amplifier l’orgasme final et améliorer la conscience de ce que ton corps ressent.
Gooning : souvent décrite comme une version prolongée de l’edging, combinée à une immersion mentale (écoute de sensations, possible usage de contenu visuel/audio, se laisser aller à une sorte de “transe” sensuelle).
Mindfulness / masturbation consciente : se concentrer sur les sensations corporelles, sa respiration, être pleinement présente, reconnaître les pensées ou distractions sans jugement, revenir à la sensation, ralentir. Cela permet de réduire la gêne, d’augmenter le plaisir, et d’explorer ce qui fonctionne vraiment pour toi sans attendre le bon “moment” externe.
Ces approches peuvent demander de la patience : il est normal que les premiers essais ne soient pas “parfaits”. L’idée est que l’expérimentation mène à une meilleure connaissance de soi.
Se masturber avec des sextoys : comment choisir et quels sont les types

Utiliser des sextoys peut ouvrir un large éventail de plaisirs, mais bien choisir est crucial pour que cela soit confortable, sûr, et adapté à tes préférences.
Comment choisir selon tes préférences :
Type de stimulation : veux-tu des vibrations continues ou pulsées ? Des vibrations profondes ou douces ? Des stimulations internes ou externes ?
Matériaux : silicone médical (non poreux, facile à nettoyer), plastique ABS de bonne qualité, verre, acier inoxydable – chaque matériau a sa texture, sa chaleur, sa facilité de nettoyage. Évite les matériaux douteux ou très poreux qui pourraient retenir des bactéries.
Taille / forme : un sextoy très grand ou rigide peut être inconfortable ; parfois un jouet plus petit ou flexible (wand, mini-vibromasseur pour clitoris) est une bonne première étape. L’étude “What Drives Sex Toy Popularity? A Morphological Examination …” montre que pour les sextoys pénétrables, le prix et la circonférence jouent davantage que la longueur pour la satisfaction/utilisation.
Quel sextoy choisir selon sa façon de se masturber ?
1) Pour celles qui veulent DECOUVRIR leur corps → Sextoys doux, faciles à prendre en main
Besoins ressentis :
- Exploration des zones érogènes
- Découverte du clitoris
- Sensations douces, non intimidantes
Sextoy associé :
- Stimulateur clitoridien “soft” / suceur de clitoris d’entrée de gamme
- Mini-vibromasseurs
- Stimulateurs en silicone doux sans pénétration
- les boules de geisha
2) Pour celles qui masturbent principalement le CLITORIS - en choisir un ici
Besoins ressentis :
- Stimulation externe forte
- Besoin d’intensité progressive
- Orgasmes plus réguliers
Sextoy associé :
- Suceur de clitoris (air pulse) – pour un orgasme rapide ou intense
- Vibromasseur clitoridien – petit, simple, universel
- Wand – stimulation plus large et profonde
3) Pour celles qui aiment la pénétration vaginale ou qui veulent explorer le point G en complément de la stimulation externe.
Besoins ressentis :
- Découvrir la stimulation vaginale
- Compléter la stimulation clitoridienne
- Recherche de sensations “complètes”
Sextoy associé :
- Dildos (silicone ou verre)
- Rabbit (double stimulation). En choisir un ici.
- Vibromasseurs réalistes
4) Pour celles qui recherchent des sensations “NOUVELLES” ou plus intenses
Besoins ressentis :
- Explorer des orgasmes différents
- Stimulations plus profondes
- Découverte de l’orgasme multipoint
Sextoy associé :
- Pulsateurs (Fun Factory Stronic, etc.)
- Stimulateurs à pulsations d’air
- Gros wands
5) Pour celles qui veulent intensifier les sensations internes, notamment au niveau ANAL
Besoins ressentis :
- Pression différente
- Complément à la stimulation clitoridienne
- Curiosité anal-safe
Sextoy associé :
- Plugs anaux (débutants → intermédiaires). En choisir un ici.
- Stimulateurs point G. En choisir un ici.
- Godes ventouses pour exploration
6) Pour celles qui veulent se masturber EN COUPLE → Sextoys partageables & connectés
Besoins ressentis :
- Jeux à deux
- Connexion émotionnelle
- Stimulation simultanée
Sextoy associé : En choisir un ici.
- Sextoys connectés (Lovense, We-Vibe Connect)
- Anneaux vibrants
- Stimulateurs télécommandés
Fréquence, normalité et tabous
La masturbation féminine est une pratique naturelle et saine, longtemps entourée de silence et de mythes. Selon l’étude française Contexte de la sexualité en France (CSF, INSERM, 2008), environ 61 % des femmes déclarent s’être déjà masturbées, et près d’une sur trois le fait régulièrement, indépendamment de leur vie de couple.
D’autres recherches internationales, comme celle publiée dans The Journal of Sexual Medicine (2020), confirment que la fréquence moyenne varie énormément : certaines femmes se masturbent plusieurs fois par semaine, d’autres rarement — toutes ces situations sont normales.
Le plus important n’est pas la fréquence, mais la qualité du rapport que chaque femme entretient avec son propre plaisir et son corps.
De nombreux tabous sexuels persistent : certaines femmes craignent encore d’être jugées, “sales” ou “anormales”. Ces croyances héritées de traditions religieuses et morales freinent encore l’éducation sexuelle féminine.

Situations particulières
Masturbation pendant les règles
Une enquête menée par l’American College of Obstetricians and Gynecologists rapporte que près de 30 % des femmes déclarent ressentir une augmentation de leur désir sexuel durant les menstruations. Ce phénomène est lié aux variations hormonales (hausse de la testostérone relative).
Du point de vue physiologique, la masturbation pendant les règles n’est pas dangereuse. Au contraire, l’orgasme peut aider à diminuer les crampes menstruelles en stimulant la libération d’endorphines et en améliorant la circulation sanguine pelvienne. Il est recommandé d’utiliser un lubrifiant adapté si la sécheresse est présente, et de veiller à une bonne hygiène (linge propre, éventuellement protection de surface).
Il est important de rappeler que se masturber pendant les règles peut aussi aider à normaliser le rapport au corps et à réduire les tabous associés. Si certaines femmes ressentent de la gêne, il peut être utile de recontextualiser cette pratique comme un moment de soin de soi et de gestion du confort physique.
Vous pouvez le faire confortablement dans la baignoire si vous n'êtes pas à l'aise à l'idée de faire des taches, sinon mettre une serviette de bain en dessous de vous pour penser uniquement à votre plaisir et non à "est-ce que je vais salir".
Masturbation pendant la grossesse et après l’accouchement

Selon une étude publiée dans The Journal of Sexual Medicine (2014), environ 48 % des femmes enceintes déclarent maintenir ou augmenter leur pratique masturbatoire. L’augmentation de la vascularisation pelvienne et des hormones favorise la sensibilité génitale.
La masturbation pendant la grossesse est généralement sans danger, sauf contre-indication médicale (grossesse à risque, menace d’accouchement prématuré, placenta praevia, saignements inexpliqués). Après l’accouchement, elle peut aider à réhabituer le corps aux sensations, améliorer la tonicité du plancher pelvien et stimuler la lubrification. Il faut cependant respecter le temps de cicatrisation (4 à 6 semaines en moyenne selon les cas).
Certaines femmes vivent une baisse de désir après un accouchement, liée à la fatigue, aux hormones ou à l’image corporelle. La masturbation peut alors être un moyen doux de se reconnecter à son corps sans pression de performance ni d’attente de l’autre. Elle favorise l’autonomie, la réappropriation du plaisir, et contribue à la confiance sexuelle après ce bouleversement.
Masturbation chez les adolescentes
Selon l’étude française Contexte de la sexualité en France (CSF, 2008), 48 % des jeunes femmes de 15 à 24 ans déclaraient s’être déjà masturbées. La pratique est donc fréquente dès l’adolescence et constitue un élément d’éducation sexuelle naturelle.
D’un point de vue médical, il n’existe aucun danger physiologique à la masturbation à l’adolescence. Elle participe même à l’apprentissage du fonctionnement du corps, sans risque de grossesse ni d’infection si l’hygiène est respectée.
L’enjeu principal est la déculpabilisation. Beaucoup d’adolescentes sont influencées par des tabous sociaux ou religieux qui peuvent générer de la honte. Se rendre compte que la masturbation est une manière saine et normale d’explorer son corps aide à développer une sexualité future plus épanouie et respectueuse de soi-même.
La masturbation pour la femme ménopausée
Après la ménopause, la masturbation prend en général une dimension de redécouverte. Elle permet de continuer à entretenir une relation positive au corps, de renforcer la confiance sexuelle et de lutter contre l’idée que la vie érotique s’arrête avec l’âge. Au contraire, c’est souvent une période où les femmes peuvent s’autoriser davantage à explorer leur plaisir, sans pression reproductive.
Les données montrent que la ménopause s’accompagne souvent d’une baisse de désir : une étude américaine (National Health and Social Life Survey) a montré que 43 % des femmes ménopausées rapportaient une diminution de leur activité sexuelle, mais la masturbation reste une pratique maintenue pour beaucoup.
La baisse des œstrogènes entraîne parfois une sécheresse vaginale, mais la masturbation stimule la circulation sanguine locale et aide à maintenir l’élasticité des tissus. L’utilisation d’un lubrifiant à base d’eau ou de silicone peut améliorer le confort et prévenir les irritations. Elle contribue aussi au maintien de la tonicité du plancher pelvien.
Masturbation et couple

La masturbation féminine a toute sa place dans le cadre d’une relation de couple épanouie.
Loin de “remplacer” le ou la partenaire, elle constitue au contraire un outil précieux pour enrichir la vie sexuelle commune.
D’abord, elle permet à la femme de mieux connaître son corps et ses zones de plaisir : selon une enquête IFOP de 2021, 71 % des femmes déclarent avoir découvert seules ce qui les aide à atteindre l’orgasme. Cette connaissance personnelle peut ensuite être partagée avec le partenaire, ce qui améliore la communication, réduit les frustrations et favorise une sexualité plus satisfaisante pour les deux.
Beaucoup d’internautes se demandent : “Est-ce normal que mon/ma partenaire se masturbe alors que nous avons des rapports sexuels réguliers ?” La réponse est oui : la masturbation et le sexe en couple ne s’excluent pas, ce sont deux expressions complémentaires de la sexualité. La masturbation permet de gérer le stress, de maintenir le désir, ou simplement d’explorer des fantasmes personnels sans qu’il y ait de manque dans le couple. Si le partenaire exprime un sentiment de “remplacement”, il est essentiel de rappeler que le plaisir solitaire ne retire rien à la valeur de la relation : au contraire, il peut être partagé, par exemple en se masturbant l’un devant l’autre, en intégrant des sextoys dans le jeu à deux, ou simplement en parlant de ses pratiques.
L’intérêt majeur est donc double :
- pour la femme, une meilleure autonomie et confiance sexuelle ;
- pour le couple, une complicité renforcée, une communication plus ouverte, et une vie intime plus riche.
Sources
La masturbation au féminin : de quoi s’agit-il ? | Nana
plusdefemme.fr - Comment Stimuler le Clitoris de Manière Efficace :
15 mythes sur la sexualité féminine démystifiés - ETONNEZMOI
Bajos N. et al., Contexte de la sexualité en France (INSERM, 2008)
Herbenick D. et al., The Journal of Sexual Medicine, 2020
Frederick D. et al., Archives of Sexual Behavior, 2017
Kinsey Institute, National Survey of Sexual Health and Behavior, 2019
American Psychological Association (APA), Sexuality and Well-Being, 2021




